Suicide : quand la vie ne t’intéresse plus

Le suicide…y-avez-vous déjà pensé sérieusement ?

“La vie ne m’intéresse plus”. C’est le mot laissé par un chirurgien de trente ans, débordé de travail avant de se suicider.

Aller mieux

Moi non plus la vie ne m’intéresse plus, depuis un moment.

J’aurais préféré être un livre, un collier de mots, un film, une série, avec un début et une fin rassurante. Une fin rassurante où rien ne pourrait plus changer, se dégrader ni me tirer vers le bas.

Férue de psychologie, j’essaie de dépasser mes croyances limitantes, de me rappeler que mes pensées ne sont pas la réalité. Je “m’auto-recadre” cognitivement en essayant de changer lesdites pensées. Je me parler gentiment pour mieux m’aimer, de me faire passer en premier (dur dur), mais je ne suis plus trop motivée à rendre ma vie géniale. La déception est trop prégnante, depuis trop longtemps. Alors parfois, l’idée du suicide assisté me trotte dans la tête.

Travail

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Trop de déménagements, de changements de repères. A retourner à chaque fois dans un travail qui ne me plaît pas (parce que ça embauche…). A me faire piéger par ce travail où on me refuse toujours un 80%, et donc du temps pour travailler sur mes idées de reconversion professionnelle. A m’épuiser mentalement, à avoir envie d’autre chose, avancer de façon très hachée sur mes envies de faire autre chose, parce que le travail me prend trop d’énergie, me presse comme un citron. Continuer ce travail ennuyeux, c’est du suicide !

L’amour

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Je ne sais plus ce qu’est l’amour, d’ailleurs, ai-je su un jour aimer convenablement ? Je me suis lassée de mes partenaires au bout d’un an et demi, deux ans. L’optimiste en moi pensait qu’il y avait quelque chose à apprendre de cela. Mais je ne sais toujours pas quoi en penser, quoi en conclure. Qu’est-ce que je peux y faire si je me dégoûte de l’autre au bout de quelques années passées ensemble ? Si son corps ne m’attire plus, si je bave sur d’autres hommes, en secret ?

Qu’est-ce que je peux y faire si je découvre des choses peu reluisantes sur lui au bout d’un an ou deux ? Qu’il est trop sous la coupe de sa mère, qu’il ment ou pire, qu’il fait de petits larcins dans les magasins. Petits larcins mais…vols quand même. T’imagines si tu te retrouve mariée avec un type comme ça ? Ses problèmes te retomberont dessus, un jour ou l’autre :/

Attirances déçues

Mon attirance naît pour les hommes dits beaux ou qui émettent une aura, au sein d’un groupe. Ça m’agace mais c’est comme ça. Et ces hommes-là préfèrent bien sûr la fille qui brille, parmi les membres du groupe. Parce qu’elle est super belle avec ses cheveux longs, épanouie dans son chant ou son style, parce qu’elle s’est trouvée et s’assume, tout simplement.

Moi et mes cheveux courts…je me trouve pas mal pourtant dans le miroir, mais je reste persuadée que les garçons qui m’intéressent, moi je ne les intéresse pas. Je suis entourée de types sympa et intéressants mais pour lesquels je ne ressens pas d’attirance physique. Pourquoi ? Parce que l’un, bien que mignon physiquement, de bonne conversation. Cependant, il se montre clairement rustre dans ses manières, immature, emporté. Parce que l’autre, doux, gentil et plein de ressources. Mais il se balade avec une tignasse longue et crado. Ça va durer combien de temps comme ça ?

Je rechigne à aller sur les sites de rencontres. La rencontre-éclair, motivée par l’envie et la pression de savoir si ça collera ou pas (quand bien même on s’en défend) me déprime. C’est tellement bon d’apprendre à connaître les gens et de se découvrir des attirances inattendues, au détour des mois qui passent. Mais pour cela, il faut du temps, un cercle social qu’on agrandit, de façon exponentielle. Or, je ne suis installée dans ma nouvelle vie (ville) que depuis 6 mois.

Amis et copains

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L’amitié…que de déceptions amicales. Ces gens qui, sitôt reproduits, vous lâchent. Ils vous laissent tomber parce que vous, vous n’êtes pas devenu.e Monsieur ou Madame Machin, vous n’avez pas perpétué l’espèce. Que font donc ces gens de notre amitié vieille de 10 ans ? Cachaient-ils donc des ressentiments secrets ?

Il y aussi ces copains connus depuis moins d’un ou deux ans, avec qui, croyait-on, on a vécu des moments si forts, parfois inoubliables, des soirées mémorables, des voyages sympas. Ils vous lâchent aussi, ne vous recontacteront jamais, malgré tous les témoignages d’affection passés, malgré la volonté commune de garder contact. J’ai vécu cela tant de fois. C’est à rien n’y comprendre, sinon qu’il ne faut jamais compter sur les autres :/

Ne savent-ils pas, tous ces amis, copains perdus, qu’une des choses les plus précieuses, dans la vie, c’est l’amitié, l’amitié et ses discussions à bâtons rompus, tous ses moments funs, les confidences qui font du bien, l’échange de point de vue qui fait avancer, les bons repas et balades partagés…

J’ai vécu cela plusieurs fois, et de nouveau, je ne sais pas que faire de ces conclusions. C’est si dur d’apprendre à s’aimer, à être moins exigeante avec les autres, et de ne pas se laisser abattre par les mauvaises surprises de la vie.

Et moi et moi et moi

Je vis toujours parce que je tiens à beaucoup de choses : la bonne cuisine, un ou deux loisirs qui me passionnent, les promenades dans la nature, à la mer, l’écriture, de bonnes émissions de radio sur des sujets de société passionnants, quelques amitiés durables, la politique, les sorties. Mais je ressens toujours une immense frustration : je suis limitée, par mon travail, le manque de temps et d’énergie, les déceptions, le fait de ne pas croire suffisamment en moi, malgré des années de psychothérapie.

Mon physique

Les années qui passent et les subtiles ridules qui s’installent… Je ne pensais pas que je vivrais aussi mal la trentaine. J’étais persuadée que j’accueillerais avec amour les effets du temps sur ma peau. Je ne savais pas que je perdrais autant de cheveux.

L’idéaliste en moi pensait que les choses s’éclaircissaient passé cet âge. Elle croyait également que l’expérience de vie aidant, on était mieux dans sa peau, plus sûr de soi et de ses choix. Je me vois bien faire encore 10, 15 ans comme ça. Mais pas au-delà, si je ne me réalise pas.

Se suicider, non je suis trop lâche pour ça. J’aurais trop peur de me rater, et qu’on m’oblige à réintégrer une vision optimiste de la v, alors que j’ai tellement de mal à survivre, à chaque coup du sort. Non, si ça devient trop pénible, dans 10-15 ans, j’aurais recours au suicide assisté en Suisse. Propre, simple, indolore et rapide.

Que vaut une vie après tout ? Nous ne faisons que passer. Ce n’est pas le nombre d’années sur Terre qui compte. C’est leur intensité. En attendant de continuer à vivre ou mourir, j’essaie de rire de moi-même et des autres.

Un film vu récemment où je me suis pas mal retrouvée :
https://invidio.us/embed/iBdH5uNf14Q?


Plus de billets d’humeur ? C’est ici !

Gertrude Prout

Une trentenaire très contrariée qui n’aime pas le travail et surtout les tabous liés au monde du travail ! Pas fana non plus du libéralisme ni du conformisme, ! Pestouilleries et mauvaise humeur ! Toi aussi t’es contrarié.e ? On parle volontiers de la crise de la quarantaine ou du démon de midi, mais les trentenaires sans enfants, qui en parle ? Qui parle de ceux qui après avoir obtenu leur(s) diplôme(s) et leur job n'ont rien fait comme tout le monde ? Ils sont partis au bout du monde, ou ont continué à faire la fête, se sont donnés à fond pour leurs activités...mais femme/homme/enfants/vaches/veaux/cochons...que nenni. Pourquoi donc ? Et si ils avaient raison ?

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4 réponses

  1. Florent dit :

    Merci pour votre texte, et de faire part, courageusement et intelligemment de vos sentiments et points de vues.
    Je traverse (moi aussi ?) un cap pas évident, et cette idée d’arrêter définitivement toute ces souffrances. Ou alors si il etait possible de perdre tout espoir, ne plus rien attendre, effacer tout désir, toute attente et prendre les choses comme elles viennent. Calme et patient.

    • Oui c’est ce que j’espère encore parvenir à faire, à ce stade, moi aussi, être un peu plus indifférente, lâcher prise sur mes attentes et espoirs. Prendre l’air, faire du sport et voir des amis, en général ça aide à se rebooster, j’essaie d’appliquer la recette, mais marre de retomber si souvent. Bon courage à vous aussi, il n’y a pas de raison qu’on ne remonte pas la pente, ai-je envie de dire (cultiver un optimisme raisonnable, toujours…).

      • Florent dit :

        Oui le sport et voir les personnes qu’on apprécie fait un bien fou. De toute façon on est là, responsables de notre vie qui certes se terminera de toute façon. C’est peut être même une liberté, donc autant en faire quelque-chose, en gardant le respect qu’on se doit. Bon conseil de garder un optimisme raisonnable (et raisonné: pas de raison que tout soit si négatif sinon juste notre de vue)
        Merci et bonnes fêtes

        • Je lis en ce moment un livre que j’avais laissé dans un coin depuis des années “Tremblez mais osez !”. J’y ai lu un truc tellement énorme dedans que je suis obligée de le partager : “En quoi la pensée négative serait-elle plus réaliste que la pensée positive ? Pour la plupart d’entre nous, ce qui est négatif est la réalité et ce qui est positif est illusoire. Or, on sait que 90 % de nos craintes se révèlent sans fondement. En réalité, on ne tombe sur un vrai problème que dans 10 % des cas ! Pourquoi ne pas admettre que voir le bon côté des choses est plus réaliste que l’inverse ?”. Voilà qui remotive bien ! Bonne soirée !

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