Sicile : road trip entre Palerme et Mazara del Vallo (2/2)

Après mon voyage en Italie, de Rome à Naples, nous avions convenu de se retrouver en Sicile, à Palerme, avec plusieurs copines. Nous nous rejoignîmes avec l’une d’entre elle dans le train en gare de Naples. Le passage entre l’Italie et la Sicile, en train, s’effectuait via un ferry, et nous avions hâte de voir cela. En effet, notre train entra dans un ferry spécialement conçu à cet effet en gare (maritime) de Messine (Italie).

Nous découvrîmes, éberluées, la manœuvre, nous demandant si nous allions devoir descendre du train, avant. Que nenni. Nous restâmes à l’intérieur, regardant notre lente avancée dans le ferry. Je sais désormais ce que ressentent toutes les marchandises de la Terre, enfermées dans les entrailles des bateaux.

Le début du road trip à Palerme

Arrivées à Palerme, je piaffais d’impatience. Je voulais découvrir cette île depuis si longtemps ! Nous logeâmes dans deux quartiers différents de Palerme. Un Airbnb sommaire, mais très bien, et un autre appartement, par la suite, en centre-ville.

Sicile : le cannolo

Sombre, mais…des cannoli nous attendaient sur la table ! Molto gentile !
Je dois avouer ne pas être une grande amoureuse des pâtisseries pleines de crème. Je boudais donc mon cannolo 1 jour, 2 jours.

Finalement, estimant que l’ouverture d’esprit n’était pas une fracture du crâne, ni que je ne risquais de mourir empoisonnée, je le mangeais. C’était extrêmement bon ! Je regrettais aussitôt ma xénophobie pâtissière !

Je découvris plus tard que cette pâtisserie était très très vieille. Le mélange de ricotta et de sucre qui forment cette espèce de crème dont je me méfiais de prime abord, aurait été inventée par les Arabes. Cicéron, 70 ans avant la naissance de Jésus-Christ en aurait mangé. C’est dire si cette pâtisserie a vu les siècles passer.

Petite mésaventure à Palerme

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En revanche, ce que je ne regrettais pas, le jour suivant, c’est d’oser réclamer la monnaie qu’on ne me rendit pas, dans une superbe église que nous visitâmes avec des cœurs et ailes de papillons dans les yeux. En effet, le guide du Routard l’avait bien dit : en Sicile, il arrive qu’on vous arnaque sur la monnaie qu’on vous rend. Je me sentis affreusement mal, au sortir de l’église, de demander à la jeune femme qui tenait la caisse les euros qu’elle ne m’avait pas rendus. Elle se raidit aussitôt, niant fermement. Pourtant, j’étais sûre de moi. Chacune des copines avait payé sa part. Il était donc logique que je paye une place, et non pas trois.
Là résidait peut-être sa confusion.

J’étais prête à abandonner lorsqu’un vieil homme, qui semblait travailler dans cette église s’enquit de ce qui se passait. Je lui expliquais le problème, dans mon italien maîtrisé quoi qu’un peu rouillé. Je précisais que je pensais que c’était une erreur due au fait que nous étions 4 visiteuses, mais que je n’avais jamais eu l’intention de payer pour 4.
La jeune femme était plutôt fâchée, le vieil homme hésitait et lui demanda de me restituer la monnaie. Très gênée, je fis disparaître les sous dans mon porte-monnaie, et nous nous éloignâmes.

Palerme et ses merveilles : Piazza della Vergogna et palais de la Zisa

Ce n’est pourtant pas ce qui nous conduisit à la Piazza della Vergogna (honte, en italien) et jusqu’à ses étranges et magnifiques statues. Nous y passâmes un bon moment. Un peu de clarté enfin au milieu de ces rues sombres et souvent sales, sinon misérables.

Sicile : fontaine de la Piazza della Vergogna, Palerme

Très curieuse de l’architecture multi-culturelle de la ville, nous visitâmes le palais de la Zisa (al-Azîz qui signifie la splendeur). D’inspiration arabo-normande, ce monument servait de résidence d’été au roi normand Guillaume 1er de Sicile.

Le palais dispose d’un véritable système de climatisation unique en Occident à l’époque. Ce système est sans doute inspiré des anciennes techniques de construction égyptiennes et mésopotamiennes. Concrètement, un courant d’air frais et humide circule en permanence à l’intérieur de l’édifice, grâce à un système de ventilation. De plus, l’air est en permanence humidifié grâce à l’eau des fontaines et des petits canaux installés au rez-de-chaussée. C’était joli même si j’étais un peu déçue par l’austérité et la nudité des lieux.

zisa

La Zisa, la zisaa, je te veux si tu veux de moi…

Sicile : impressionnant palais de la Zisa

Majestueux palais de la Zisa

Drôle de trattoria en Sicile

Se fiant à notre guide du Routard bien-aimé, nous mangeâmes dans une trattoria typique, familiale. Recevaient-ils un pourcentage de Barilla, je ne saurais pas le dire. En tout cas, les pâtes Barilla étaient partout. Les plats étaient bons. Ce fut un bon moment. Le personnel était sympathique.

Nous y retournâmes à la fin de notre séjour et découvrîmes avec effarement une toute autre ambiance. Il fallait s’inscrire sur une liste d’attente pour être accepté à l’intérieur. Soit. Nous nous inscrivîmes. On nous informa que nous ne pourrions pas être servies avant 22 h. Pas de problème. Nous revînmes un peu avant 22 h et on nous installa à une table. Notre commande fut prise par un serveur visiblement débordé et sur les nerfs. Et nous attendîmes. Longtemps, très longtemps. Tellement longtemps que de nombreux clients, arrivés après nous furent servis avant nous. Et nous attendîmes encore.

Nous avons bien tiré la manche d’un serveur une ou deux fois, mais ils semblaient débordés et excédés. Enfin, nos plats arrivèrent. En entrée, tomates sans goût et basilic flétri pour l’une d’entre nous. Pour moi qui voulais changer un peu et ne pas manger de pâtes, ce fut minestrone aux lentilles. Ce minestrone n’en portait que le nom. Il n’y avait que des lentilles baignant dans une sauce indigne de l’Italie ! Ils n’avaient plus ce qu’il fallait, je pense, avaient ouvert une boîte de conserve et avaient réchauffé mes lentilles en vitesse. Je ne sais plus ce que mangèrent les autres copines, mais nous étions, dans l’ensemble, de mauvaise humeur, et fatiguées. Ce fut un bon prétexte pour ne rien dire, manger sans plaisir, payer et partir. Drôle d’expérience.

Du côté de Scopello et de Trapani

Sicile : chats siciliens au soleil

Nous continuâmes notre route jusqu’à Trapani, jolie ville. Nous nous arrêtâmes à Scopello, il me semble, et nous explorâmes un petit bout de la réserve de Zingaro.

Trapani était une jolie ville, mais elle ne m’a pas marquée, si ce n’est le propriétaire de l’appartement que nous louâmes. Très gentil, et très drôle. Il accompagnait sa fille qui s’occupait de la location, et je ne sais plus pourquoi, mais il nous fit beaucoup rire. Il voulait s’assurer que tout marchait, alluma la gazinière et manqua littéralement de se brûler.

Dans le centre-ville, très excitée d’être dans ce qui était pour moi la Sicile profonde, j’entrais, en compagnie des copines dans plusieurs librairies. Je finis par oser demander des livres, en italien, sur la mafia, ou sur de fameux mafieux locaux. La libraire me répondit assez vite en français, ce qui est courant (et un peu frustrant) chez les italiens. Je repartis avec la biographie d’un mafieux sous le bras.

Un autre visage de la Sicile : Erice

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Vue, depuis Erice

erice

Nous poussâmes notre voiture de location jusqu’à Erice, une superbe ville médiévale à plus de 750 mètres de hauteur. De vieilles pierres, de jolies ruelles pavées, pas un chat ! 500 habitants environ. Bonne nouvelle : les voitures ne peuvent circuler dans ses ruelles. On se gare à l’entrée de la ville sur un parking et on fait tout à pied.

La ville a été surnommée “ville aux 100 églises” et était également le centre d’un culte voué à Aphrodite, déesse de la fécondité.

On était en décembre et il faisait un froid glacial.

Ainsi, nous parcourûmes le village, qui fait à peu près 300 mètres de largeur, ce qui n’empêche pas des pentes considérables. Nous étions quasiment seules.

Nous profitâmes des merveilleux panoramas et échouâmes, combattues par la pluie dans un café. Il y faisait presque aussi froid que dehors, mais c’était mignon. Tenu par des personnes âgées. Nous commandâmes des chocolat et de petites friandises délicieuses, typiques.

Salemi

Nous nous rendîmes dans la très mignonne petite ville de Salemi, un jour ensoleillé. Nous errâmes dans les ruelles. Je n’avais qu’une obsession en tête : visiter le musée de la mafia ! Pas de chance…c’était la Saint-Nicolas. Des musiciens, des gens costumés arpentaient la ville, joyeux. Moi, j’étais folle de rage : la peste soit ce receleur de bonbons et brioches !

Ma rage fut noyée dans l’œuf, un peu plus tard, lorsque nous apprîmes, je ne sais comment, que ce musée appartenait à un copain de…Berlusconi.

N’a jamais couché avec des mineurs, n’a jamais corrompu de juges, n’a jamais eu de rapports avec la mafia, n’a jamais échappé aux procès…

Mazara del Vallo, salade de poulpe et SPP

Peut-être était-ce le temps, la période de l’année (décembre), mais je trouvais la Sicile un peu froide et un peu triste. Jusqu’à ce que nous visitions un petit petit bout de Sicile africaine, à peine 200 km des côtes tunisiennes : Mazara del Vallo !

Sicile : merveilleuse ville de Mazara del vallo

Sicile et gestion des déchets ; superbe airBNB que nous avons loué

Un des plus grands ports de pêche d’Italie. Magnifiques petites rues très gaies, décorées de céramiques, un peu partout sur les murs de la ville. Des ruelles poétiques.

Sicile : Mazara del vallo et les céramiques

Les rues de Mazara

Gourmandes, nous cherchâmes une petite trattoria où manger un soir. C’est là que je découvris une forme de stress jamais expérimenté jusque-là : j’ai nommé le SPP. Le Stress Post-Poulpe !

*Traumatisme résultant de l'action de s'être forcé.e à manger un bout de tentacule de poulpe pour ne pas vexer des siciliens.

Stress Post-Poulpe

La salade de poulpe était partout dans cette trattoria. Comme nous avions commandé un assortiments d’antipasti, le serveur se tint près de nous un moment, en nous expliquant de quoi tous ces petits plats étaient faits. Horreur, il n’avait pas compris notre demande anti-poulpe ou nous nous étions mal exprimées. Entre autres, la salade de poulpe, avec ses morceaux de cadavres colorés, nous attendait, bien en évidence.

POULPE

Je ne sais plus comment, mais il parut vexé que nous ne goûtions pas le poulpe sur le champ. Je crois que je finis par manger un morceau, partagée entre la culpabilité et l’envie de me vanter par la suite d’avoir essayé. Ai-je mangé un morceau de poulpe en entier ? Je ne m’en souviens plus. Comme tout choc émotionnel digne de ce nom, j’ai occulté cet événement.

Notre voyage s’achevait avec un retour à Palerme, des déambulations dans la ville, notamment sur le marché local. Je ne vis de poulpe nulle part. Je pense que personne ne devrait manger de poulpe. C’est un animal trop intelligent, comme le porc. Par la suite, son âme vous hante à jamais o_O

Il en va de même avec la Sicile, je reste hantée par l’envie d’y retourner et de la découvrir sous d’autres jours.

Et vous, êtes-vous déjà allés en Sicile ? N’hésitez pas à partager cet article, et à le commenter !


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Sissi Piriou

Voyager curieux, c'est tout un programme. Ceci est un blog fou de voyages, qui explore le monde, ses cultures et bizarreries. Bavard, très curieux, et un peu foutraque.

3 réponses

  1. Ah les Canoli…quel délice du paradis 😍 moi non plus, je ne suis pas trop gâteau à la crème…mais ça…c’est de la gourmandise à l’état pur !!
    C’est marrant, parce que pour ce qui est des arnaques au rendu du monnaie, ma collègue – originaire de la région de Modène m’a dit la même chose…et que ça faisait partie du côté très relou de l’Italie (tout comme les prix « touristes » et les prix « locaux »).
    En tout cas, moi qui ne connaît absolument pas la Sicile, tu m’a donné envie d’y faire un saut ! Tu as vu une vraie différence au niveau architecture et culture ?
    Passe une belle journée !

    • Sissi Piriou dit :

      Coucou Manon, oui, fonce 🙂 ! Sans compter que la Sicile a 1001 visages. Je n’en ai vu, hélas, qu’une petite petite partie. Très envie d’aller à Syracuse par exemple. D’explorer un peu plus la Sicile africaine. Niveau architecture, oui, tu vois de vraies différences car la Sicile a été colonisée par plein de peuples différents. A Palerme, les bâtiments sont très marqués par le style arabo-normand. Niveau culture, je n’ai pas vu de grande différence : nos hôtes airBNB faisaient assez italiens classiques et étaient molto gentili ! En revanche, le coup de la monnaie m’a pas mal choquée en effet ! Je me suis demandé si c’est moi qui m’étais trompée ou si la caissière avait fait une erreur, ou m’avait arnaquée O_O

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