Reconversion professionnelle et épanouissement au travail

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Vouloir se reconvertir, faire autre chose dans la vie qu’un travail alimentaire qui vous ennuie terriblement, qui vous creuse comme une coquille vide, depuis des années. Quand vous l’avez essayé, dans plusieurs structures ou contextes. Quand vous ne l’avez jamais quitté parce que le changement, c’est effrayant, cela fait terriblement peur de sauter dans le vide, de connaître une période d’inactivité, ou pire, de ne pas réussir à rebondir. La crainte de finir SDF dans la rue (bon, il y a peu de chances pour que cela arrive tout de même).

Faire autrement, autre chose que de travailler dans des structures où vous faites correctement votre travail, par conscience professionnelle, mais aucunement parce que vous partagez ses buts profonds. Elle ne vous donne pas assez pour que vous ayez envie de lui consacrer vos forces pour qu’elle aille toujours plus haut.

Nous sommes nombreux à travailler dur sur des projets, qui n’ont pas de sens pour nous-mêmes, qui ne nous motivent pas, sauf pour garder notre poste, la considération de nos collègues ou supérieurs et bien faire fonctionner le service.

On aimerait être l’une de ces personnes qui font ce qu’elles aiment dans la vie, qui ont épousé l’évidence de leur rôle sur terre. Pourtant, elles n’ont pas toujours l’air beaucoup plus heureuses que vous-mêmes, malgré des rôles plus humains, artistiques, plein de sens, gratifiants.  Alors que faire ?

La question du sens d’un travail

Comme beaucoup, j’ai besoin de trouver du sens à ce que je fais. Est-ce que je peux réellement parvenir à faire un métier qui a du sens pour moi ? Existe-t-il des métiers où on participe réellement à la défense de l’environnement, à mettre en place une transition écologique urgente ? Des emplois où l’on peut agir concrètement pour l’égalité homme-femme, ou pour l’économie sociale et solidaire ? Et cela sans se faire absorber par des structures qui ont tout intérêt à intégrer, occuper et digérer discrètement ceux qui pourraient dénoncer leur impact sur l’environnement, la société, ou le bien commun. Bien commun ? Paiement d’impôts dans les pays européens par exemple. On pense à nos GAFAM bien-aimés : Amazon, Google, Facebook.

Combien de voies à explorer avant de trouver du sens à quelque chose, une fois que l’on a appris à se connaître, à savoir ce qu’on aime, ce qu’on aime pas, ce pourquoi on est doué, nos faiblesses ?

Quelques pistes :

1. Combattre l’acrasie

Acrasie (ou tendance à agir contre ses propres intérêts, à procrastiner).

À tous ceux qui, malgré leurs recherches,  sont certain.e.s que RIEN n’est fait pour eux, ou que c’est hors de portée, un travail magique qui n’existe qu’au pays des licornes et des petits papillons bleus. Alors…on papillonne, on s’éparpille, on abandonne et on reprend. On se laisse envahir par la fatigue chronique, on s’accroche à nos mauvaises habitudes. Or, c’est comme le permis de conduire, il faut le repasser jusqu’à ce qu’on l’obtienne. Nos efforts déterminent nos succès.

2. Faire son ikigaï

L’exercice consiste à remplir les différentes zones de ce dessin, que l’on peut reproduire à main levée. L’exercice demande du temps car nous n’avons par exemple pas tous la même conception de ce dont le monde a besoin pour fonctionner.

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3. Identifier ce pour quoi l’on veut se battre dans la vie

Un bon moyen d’identifier ce qui est le plus important pour nous. Quelle cause, quoi, à quoi veut-on se consacrer ? Pour quoi accepterions-nous de souffrir, nous remettre en cause, nous améliorer, nous dépasser ?

What pain do you want in your life ? What are you willing to struggle for ?

Happiness requires struggle.

What it took me a long time to discover is that I didn’t like to climb much. I just liked to imagine the top. I wanted the reward and not the struggle. I wanted the result and not the process. I was in love not with the fight but only the victory. And life doesn’t work that way.

Who you are is defined by the values you are willing to struggle for. People who enjoy the struggles of a gym are the ones who get in good shape.

Our struggles determine our successes.

Traduction :

De quelle peine voulez-vous dans votre vie ? Pourquoi voulez-vous vous battre ? Il faut se battre pour être heureux.

J’ai mis du temps à découvrir que je n’aimais pas trop l’effort. J’aimais juste m’imaginer au sommet de la montagne. Je voulais réussir sans me battre. Je souhaitais obtenir le résultat mais pas suivre le processus menant à ce résultat. J’étais amoureux de l’idée de la victoire mais pas du combat à mener pour y arriver. Et la vie ne fonctionne pas comme cela.

Les valeurs pour lesquelles vous êtes prêts à vous battre définissent qui vous êtes. Les personnes qui aiment se donner du mal à la gym sont celles qui ont un beau corps.

4. Idées pratiques à mettre en œuvre

Faire la liste de ses compétences techniques, transversales, transférables. La liste de ses envies, de ses goûts, de ce que l’on concède de faire, de ce qu’on ne veut surtout plus faire. Devant la liste de ses centres d’intérêts, visiter des sites comme nadoz.fr et onisep.fr pour mettre des métiers en face de ses goûts. Pour un travail plus approfondi, rejoindre des associations comme l’AVARAP où l’on s’entraide en groupe, sur 6-8 mois, pour travailler ses goûts, compétences, CVs, afin de rebondir professionnellement. Mener des enquêtes professionnelles pour se confronter à la réalité des métiers qui nous attirent.

5. Se faciliter la vie*

*Bons conseils entendus lors d’une émission d’Ali Rebeihi, sur France Inter

Renoncer à forcer. Surfer sur la vague de ses rêves plutôt que de forcer. L’effort n’est pas toujours nécessaire pour réussir. Si vous avez la tête pleine de rêves, vous réussirez mieux. Si vous rêvez bien, vous réussirez mieux. Forcer contre sa nature, ça ne fonctionne pas.

Laisser tomber les efforts qui sont contre-nature pour soi. Mieux vaut 20 minutes d’attention sans effort que 3h d’efforts fatigants que l’on aime pas. Le renforcement négatif ça ne marche pas, ni pour entraîner ni pour conditionner.

Trouver son flux (flow), ce pour quoi on apprécie de faire des efforts, ce qui vous fait vous sentir comme un poisson dans l’eau, la “grâce”, sa “zone”. Prendre la place qui est sienne dans son existence, faire ce pour quoi on est fait. Le travail sans don reste en friche et le don sans travail reste stérile.

Cesser de réfléchir parfois. Quand on pense trop, on peut plus agir. Souvent on pense pour s’inventer des obstacles. Ceux qui réussissent ont débranché la réflexion, ils poursuivent leur but de manière obstinée. Quand on peut, on veut. Le “quand on veut on peut” est culpabilisant. Lorsqu’on s’intéresse trop à la cible on échoue. C’est comme en amour : il faut viser sans trop le montrer, construire un petit pont de naturel en ne voyant plus l’autre comme une cible.

On suit ainsi la loi de l’inversion des efforts. On apprend à se détacher face à un problème, à laisser les problèmes se résoudre sous nos yeux.


Articles et réflexions sur le sujet :

Sissi Piriou

Ne prenez pas la vie trop au sérieux car de toute façon, vous n'en sortirez pas vivant ! Ceci est un blog bavard, curieux, un peu foutraque mais insatiable d'actualités, de féminisme, d'écologie et autres réflexions un peu allumées.

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1 réponse

  1. Merci pour ces super conseils que tu nous donnes ! Je plussoie grandement sur l’Ikigaï (je suis en plein accompagnement à l’entrepreneuriat et c’est le premier exercice que ma coach m’a demandé de faire) et sur le fait qu’il est inutile de passer 3 heures douloureuses à s’acharner sur un projet alors que 30 minutes inspirées suffisent. La question du sens au travail se pose de plus en plus pour notre génération et les suivantes – et contrairement à ce que disent certain.e.s ‘théoricien.ne.s’ générationnel.les qui voudraient nous voir comme des monstres d’égo-centrisme – je crois que c’est utile et indispensable.
    Belle semaine à toi 🙂

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