Les mauvais côtés de la vie dans les Alpes-Maritimes

Quels peuvent donc être les mauvais côtés de la vie dans les Alpes-Maritimes ? Comment peut-on se sentir mal dans la région niçoise qui est en soi une promesse de soleil, de baignades dans une eau chaude et claire et de balades en montagne ?

Alpes-Maritimes : embouteillages et risques naturels

Il fait plutôt béton de vivre du côté de Nice et Antibes.

Quand on travaille à Sophia-Antipolis, il faut faire avec le doux chant des klaxons, pour se rendre au travail le matin. Qu’on soit en bus ou en voiture, on n’échappe pas aux embouteillages qui enlaidissent le coin. Difficile ou risqué de se déplacer à vélo, hélas. Au pays de la richesse ostentatoire et des aberrations en terme d’urbanisation, il n’y a quasiment pas de pistes cyclables ! Les liaisons entre bus et train sont tout aussi compliquées et permettent difficilement d’éviter la voiture.

On évolue donc parmi des automobilistes souvent agressifs, dont une bonne partie se sent invincible du haut de son 4-4 brillant !

06 : un département vulnérable aux risques naturels

Vivre du côté d’Antibes, ou de Nice, c’est, entre autres, s’inquiéter de la fréquence des inondations.

Lorsque l’hyper-urbanisation de la Côte-d’Azur a commencé, chaque maire a voulu avoir le plan d’urbanisation de sa propre commune. Il n’y a pas eu de vision d’ensemble. Au fur à mesure de la pression foncière, les terrains à risque ont été urbanisés. Par exemple, la zone de la Brague. Elle est pourtant connue pour être régulièrement inondée depuis l’Antiquité.

On dénombre donc 200 000 logements en zone inondable ou encore plus d’un million d’habitants sur une bande littorale de 15 kilomètres de large à peine. Les permis de construire, de ces habitations, ont souvent été délivrés, en toute légalité, avant 1998.

D’un autre côté, la ville de Grasse détient, par exemple, le record de France des infractions à l’urbanisme, notamment en zone inondable. La faute à ceux qui veulent se la couler douce sous le soleil méditerranéen, sans s’inquiéter de leurs voisins ni de l’environnement.

Les inondations d’Octobre 2015 dans le Sud-Est

Vivant dans les hauteurs d’Antibes, en 2015, j’ai été le témoin indirect des graves inondations du mois d’octobre. Les cours d’eau débordaient en raison de fortes pluies et la crue a affecté de nombreuses communes : Cannes, Antibes, Vallauris, Biot, ou encore Mandelieu-la-Napoule. Le bilan humain et matériel a été conséquent.

Suite à cela, des campings situés notamment dans le quartier de la Brague, se sont vu refuser une exploitation partielle de leur terrain. Ils font effectivement partie de la zone rouge, où l’on a assisté à des crues de plus d’un mètre de haut. Un coup dur pour les travailleurs de l’hôtellerie en plein air, souvent installés dans le lieu depuis des dizaines d’années.

La route disparue, à Sospel

La vie dans les Alpes-Maritimes

Le glissement de terrain qui a fait disparaître la route à Sospel Photo : 20 minutes

Avril 2018 : suite à des pluies torrentielles, la seule route, menant à deux hameaux de 45 habitants, de Sospel, s’est effondrée. Ce sont  200 mètres de route qui ont disparu. Dans ces conditions, impossible de se déplacer en voiture. Le seul moyen d’évacuer les véhicules a d’ailleurs été l’héliportage, ce qui a nécessité le désossement d’un certain nombre de véhicules, afin de pouvoir les transporter.

Les habitants sont depuis contraints de faire 1 h quotidienne de randonnée pour faire leurs courses ou aller au travail.
Ces déplacements quotidiens à pied demandent beaucoup d’organisation : de bonnes chaussures de marche, une lampe frontale, de l’eau, etc. Désormais habitués à porter leurs courses durant une marche de 30 minutes à 1 h en moyenne, les déroutés de Sospel ont dû faire des choix. Éviter, par exemple, d’acheter des produits suremballés ou dans des contenants en verre.

Le transport des déchets généré par chaque habitant est aussi devenu problématique puisque le seul moyen de les évacuer était aussi de faire 30 minutes de marche, jusqu’au point de collecte le plus proche.

Marineland, la verrue d’Antibes

La plus grosse aberration que j’ai pu constater, c’est Marineland. Certes, il fait vivre une grande partie d’Antibes et génère 40 millions d’euros de chiffre d’affaire par an, au détriment du bien-être d’animaux “exotiques” comme les orques, dauphins et ours polaires.
Alpes-Maritimes : Marineland, cette aberration

Alpes-Maritimes : Marineland, cette aberration Photo : wikimedia

Ne serait-il pas temps de se raisonner, lorsque l’on voit le parc dévasté par les inondations ? Pourquoi ne pas le reconvertir en autre chose, et offrir à ces animaux une retraite bien méritée, dans des environnements mieux adaptés pour eux, à l’abri d’êtres humains avides de spectacle ?

On n’a jamais obtenu d’un orque ou d’un autre animal des figures, grâce à la pseudo-complicité qu’on instaure avec eux, mais bien par le dressage, quand bien même celui-ci n’est pas jugé maltraitant par les soigneurs !

La vie dans les Alpes-Maritimes : peiner à se faire réseau amical

Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux, sous le soleil exactement ?

La réputation des locaux est plutôt exécrable ! En vérité, je n’en sais rien. J’ai croisé peu de locaux.

Au départ, j’ai rencontré quelques niçois fort sympathiques, mais comme le dit la légende, on ne s’est jamais revus. Ils savaient “liker” mes posts Facebook, mais jamais nous ne nous sommes revus autour d’un verre ou d’une activité ! C’était juste comme ça.

La vie dans les Alpes-Maritimes

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On m’a aussi répété que c’était tout plein d’anciens Parisiens ! Lorsqu’on voit tout le mal qu’on dit des Parisiens, certes, on peut être tenté.e de conclure méchamment. Mais on ne va pas s’abaisser à cela. N’oublions pas que de vrais Parisiens, à Paris, on en rencontre fort peu. D’ailleurs qu’est-ce qu’un “vrai” Parisien ?

J’ai vécu à Paris et n’ai pas eu à me plaindre des gens. Ce qui est sûr, c’est que le Sud-Est fourmille de retraités et d’expatriés pour le travail qui ont du mal à “faire leur trou”.

Melting-pot

Lorsqu’on déménage près de Nice, on constate plutôt un beau melting-pot des quatre coins de la France et du monde. On devrait en toute logique avoir une certaine proportion de gens sympas et ouverts. Hélas, les relations sont souvent superficielles et sans lendemain.

Pour avoir discuté plusieurs fois de cette attitude avec différentes personnes, nous en avons conclu que l’incivilité et l’individualisme de beaucoup de sudistes venait du fait qu’ils ont eux-mêmes expérimenté des relations décevantes avec des locaux. Voilà pourquoi ils se comporteraient de façon désagréable avec les nouveaux venus.

C’est un peu facile quand même, non ?

Rencontrer des gens via les réseaux sociaux et associations

Quand on a du mal à rencontrer du monde du côté de Nice, il y a quelques solutions.

Par exemple OVS et Meetup. Sur OVS, j’avais été assez déçue, car sans vouloir faire de jeunisme, la moyenne d’âge des gens qui proposaient des activités, tournait autour de 45-50 ans. C’était un peu dur à avaler. Vers la fin de ma vie à Antibes, un trentenaire avait entrepris de créer un sous-groupe OVS pour rassembler les gens de notre âge.

Après une année peu épanouissante dans cette région, j’ai trouvé une association de théâtre très sympathique et me suis fait des copains des quatre coins du monde ! Je vous en parle dans les bons côtés de la vie dans les Alpes-Maritimes.

Et vous, que pensez-vous de la vie à Nice et dans les communes alentours ? Les commentaires sont ouverts.

Sissi Piriou

Voyager curieux, c'est tout un programme. Ceci est un blog fou de voyages, qui explore le monde, ses cultures et bizarreries. Bavard, très curieux, et un peu foutraque.

10 réponses

  1. Je vis à Antibes venant de la région parisienne, j’y suis venue après la mort de mes parents pour me rapprocher de ma soeur qui s’y était installée parce qu’elle avait trouvé du travail à Sophia Antipolis, j’ai acheté un appartement dans une jolie résidence, j’ai un jardin, j’en voulais un pour mes chats, ce que je ne savais pas c’est que j’allais avoir des voisins très désagréables, une personne en particulier qui en manipule beaucoup d’autres, elle aurait voulu me chasser, manque de chance comme je suis propriétaire, elle ne pouvait pas, mais je voudrais faire une véranda, elle fait en sorte que l’assemblée des copropriétaires vote non, et elle déteste particulièrement mes chats!

    • Sissi Piriou dit :

      Mince, rien de plus désagréable que les querelles de voisinage :(! Quand j’y étais, j’avais quelques voisins très à cheval sur ce qu’on mettait sur le balcon ou pas aussi. Ils n’avaient que ça à faire visiblement. Prenez bien soin de vos chats alors, mais ils ne doivent pas être les seuls de la résidence ? Elle ne peut rien y faire 🙂 ! Je regrette Antibes parfois pour le beau temps 🙂

  2. Quel portrait à charge….heureusement j’ai été lire l’article “les bons côtés” 😉 Nous habitons près d’Aix en Provence et connaissons Nice, et c’est vrai que cela ne me plairait pas d’y habiter . Par contre, même sans être née dans la région, je ne serai pas capable d’habiter ailleurs en France . Bref l’amour ça ne s’explique pas .

    • Sissi Piriou dit :

      Hello, oui il y a toujours du mauvais ET du bon, partout où l’on va 🙂 ou plutôt du bon ET du mauvais. Ayant aussi vécu entre Toulon et Marseille, j’ai largement préféré vivre entre ces deux villes 🙂 plus sauvage, avec un bon entourage (au début)…

  3. yasmine dit :

    Ca fait longtemps que tu as déménagé? Il faut du temps pour s’adapter et voir les gens différemment , je suis passée de l’Alsace à paris et ça a été très dur pour moi, individualisme, tant de personnes , de choses à faire et pourtant personne ne se parle , même les voisins se fuient. Avec le temps et parce que je n’avais pas le choix , je me suis adaptée et ça va beaucoup mieux

    • Sissi Piriou dit :

      Oui, j’ai déménagé il y a 3 ans. Je pense que plus le temps passe, plus il faut de temps pour s’habituer à une région. 6 mois est un grand grand minimum. Maintenant, je tablerais plus sur 1 an et demi, 2 ans. Je dirais aussi que tout dépend de l’entourage que l’on se fait sur place. Pour moi, ça a été très long sur Nice et je suis partie lorsque ça s’améliorait. Cependant, les gens sympas que je fréquentais sur la fin ont aussi déménagé XD

      • yasmine dit :

        je te rejoins, j’ai commencé à me sentir à l’aise sur Paris au bout de 2 ans à peu près, ça fait 15 ans que j’y suis, je ne me vois pas déménager, mais je ne me sens pas pour autant parisienne, mon âme est toujours en Alsace 😊

        • Sissi Piriou dit :

          Ah comme je te comprends. J’ai passé 2 ans en région parisienne, et je n’ai jamais pu m’y faire. D’ailleurs je suis partie. Ceci dit, il y a plein de choses à faire à Paris. Ce que je reproche principalement à cette ville, c’est son manque de verdure, comparé à d’autres capitales. Les élus locaux ont un gros travail à faire pour rendre Paris agréable à vivre.

          • yasmine dit :

            il y a plein de parc à Paris, le seul problème mis à part André Citroën c’est qu’ils sont tous aux portes de Paris.
            Après en se perdant, on peut tomber sur des endroits sympa.
            Mais c’est sûr qu’on s’y moins zen qu’à la campagne.

  1. […] dans les Alpes-Maritimes, il y a toujours du béton 🙂 ça fait partie des mauvais côtés de la vie dans les Alpes-Maritimes ! Mais ils ont bien fait les choses à Sophia, quand […]

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