Licenciement abusif : petite tragédie personnelle

Je vis dans le sud de la France depuis quelques années. J’avais démissionné (ne démissionnez JAMAIS !) de mon poste en région parisienne pour un nouveau travail, dans le sud. Au début, tout allait bien. Je travaillais avec des gens de mon âge, on faisait beaucoup de soirées, des balades, le temps était magnifique ! À côté du travail, j’avais intégré une association géniale, avec des gens super drôles, jusqu’à ce que je sois la victime d’un licenciement abusif.

licenciement

Ma vie sociale était donc très riche. Côté logement, j’avais trouvé un superbe appartement avec une grande terrasse. J’avais peu de voisins. Je recevais donc beaucoup, j’organisais des fiestas à réveiller les morts. Pour couronner le tout, une adorable chatte est venue squatter chez moi. C’était le bonheur.

Bref, ma décision totalement hasardeuse de prendre ce boulot dans le sud avait embellit finalement ma vie à un point que je ne pouvais espérer. Neuf mois plus tard, pour la première fois de ma vie, je songeais à acheter un logement dans cette ville. Et c’est là que je me fis licencier brutalement, sans cause réelle ni sérieuse.

Fausse promotion

Après quatre mois de période d’essai, ma cheffe m’avait annoncé que je reprenais son poste. Je voulais savoir si cela ferait l’objet d’un avenant à mon contrat de travail, que nenni. La réalité, c’est que j’allais me taper son poste en plus du mien. Elle avait officialisé, avec le restructurateur de l’entreprise ma nouvelle fonction, en bonne vue dans l’organigramme de l’entreprise. On m’avait félicitée de toutes parts pour ce nouveau poste. Or j’allais vite découvrir qu’il y avait baleine sous gravillon. Pas d’avenant à mon contrat de travail, pas d’augmentation de mon salaire. Devoir superviser deux collègues. Exercer deux fonctions à la fois.

Au bout de neuf mois, donc, je me fis licencier au motif que j’étais désagréable, qu’on ne pouvait pas travailler avec moi, que je disais des choses bizarres…et j’en passe. Bref, ils n’avaient rien de concret à me reprocher. Aucun fait.

Les syndicats, extérieurs à l’entreprise, qui me reçurent en entretien me conseillèrent de demander des témoignages en ma faveur auprès de mes collègues. J’en obtins sans difficulté.

En revanche, étant donné ma faible ancienneté, l’avocate qui me conseillait, m’encouragea à ne pas aller aux Prud’hommes car le temps que l’affaire soit jugée, j’aurais sans doute dépensé beaucoup d’argent en justice. Non, mieux valait demander à faire une transaction avec l’entreprise. Ou bien ils me dédommageaient, ou bien j’allais aux Prud’hommes. Je le fis et j’obtins un maigre dédommagement. Donc oui, en France, ce pays où les salariés sont si bien lotis, on pouvait virer facilement quelqu’un, sans cause réelle ni sérieuse bien avant que Macron soit président ! Je le découvris à mes dépens, moi qui comme beaucoup pensais que lorsqu’on se faisait licencier…il n’y avait pas de fumée sans feu.  Et il suffit de lire les témoignages sur On vaut mieux que ça.

Trahison

J’ai su après qu’un collègue avec lequel j’avais une grande complicité (j’aurais dû écouter la fille que je remplaçais ; elle m’avait dit de lui que c’était une pute), avait critiqué mon travail dans un email. Encore une fois, rien de concret, juste des critiques. Le problème, c’est que moi aussi j’avais matière à me plaindre de son travail ! Les testeurs aussi avaient à se plaindre de son travail ! On en parlait entre nous des fois. Mais il semblerait que nous étions plus intelligents que lui. Si quelque chose n’allait pas, on le lui disait, tout simplement. On pensait pouvoir améliorer les choses en s’organisant avec lui. Sauf qu’il préférait poignarder les gens dans leur dos celui-là. L’intelligence collective, la bienveillance il ne connaissait pas. Alors que je me faisais licencier salement, il s’excusait, la larme à l’œil en me disant que ça lui faisait “Une leçon de vie“. Lui le type qui se disait blacklisté par ses employeurs depuis des années !?! Il m’a avoué m’avoir vendue parce que de toute façon, je détenais quelque chose d’explosif pour les Prud’hommes ! Facile à dire quand on reste soi bien au chaud dans son poste et qu’on ne connaît RIEN à tout cela.

Le sourire de mon ancienne cheffe

Mon ancienne cheffe affichait un grand sourire en coin lors de mon dernier jour. Elle poussa le culot jusqu’à venir me voir et me dit que des évènements comme ceux-là se produisaient tous les deux ans environ. Qu’elle avait perdu des collègues comme ça, dans cette entreprise, quelques années auparavant.

Le plus étrange, c’était qu’elle était en charge de la réorganisation de l’open-space. Je m’étais retrouvée, environ deux semaines avant mon licenciement sous le souffle de la climatisation. Et à côté de moi se trouvait un développeur qui se plaignait des brimades et humiliations de son chef. Voulait-on nous tenir à l’œil ? C’était très très étrange. On se retrouvait soudain très mal placés (sinon les plus mal placés) dans l’open-space alors que moi j’allais me faire licencier et que lui se faisait harceler par son chef.

En y repensant, pendant que j’occupais encore ma fonction et la sienne, elle m’envoyait des emails très critiques à l’égard de la traductrice japonaise. Elle critiquait son travail. Elle critiquait son attitude. Je ne répondais pas à ces emails.

Et dire que j’avais hésité à me syndiquer, quelques mois auparavant, en dehors de l’entreprise, car nous n’avions pas de représentant syndical pour les cadres. Il était également question des élections des délégués du personnel…le fait que je m’y intéressais était un secret de polichinelle.

En parallèle à mon licenciement, une grosse entreprise me draguait depuis environ un mois me fit passer des entretiens d’embauche. Je me fis embauchée par cette entreprise avec un salaire multiplié par trois ! Sans rire !

Gertrude Prout

Une trentenaire très contrariée qui n’aime pas le travail et surtout les tabous liés au monde du travail ! Pas fana non plus du libéralisme ni du conformisme, ! Pestouilleries et mauvaise humeur ! Toi aussi t’es contrarié.e ? On parle volontiers de la crise de la quarantaine ou du démon de midi, mais les trentenaires sans enfants, qui en parle ? Qui parle de ceux qui après avoir obtenu leur(s) diplôme(s) et leur job n'ont rien fait comme tout le monde ? Ils sont partis au bout du monde, ou ont continué à faire la fête, se sont donnés à fond pour leurs activités...mais femme/homme/enfants/vaches/veaux/cochons...que nenni. Pourquoi donc ? Et si ils avaient raison ?

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7 réponses

  1. Écrirature dit :

    Tout est bien qui finit bien ? Vous êtes où dans le sud ? 🙂

    • Bonjour, oui disons que je m’en suis bien sortie, mais qu’est-ce que j’aurais aimé leur faire payer très très très cher devant les Prud’hommes !

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