Girls on girls hate : comportements féminins outranciers au travail

J’ai horreur du girls on girls hate, des comportements féminins malsainss au travail. Vous savez, ces femmes qui critiquent les autres femmes, qui affectionnent le crêpage de chignon et de descendre les autres plus bas que terre.

girls on girls hate

Je déplore que, alors que nous avons des groupes féministes courageux, des mouvements tels que BalanceTonPorc ou MeToo, il y ait encore des filles pour oser se comporter comme des pestes avec les autres filles au travail, pour oser dire qu’elles n’aiment pas les autres femmes, pour semer la zizanie, chercher l’opposition permanente, créer une concurrence qui n’a pas lieu d’être, ou vous faire sentir toute la haine qu’elles ont contre vous parce que…vous êtes une femme, et qu’elles sont jalouses (mais de quoi ?). Comment peut-on encore en être là en 2018 ?

Girls on girls hate : Cas N°1

Je travaillais dans une entreprise depuis une petite année. Notre nouvelle collègue, en CDD de 4 mois, dans notre bureau, arrive. On m’avait dit qu’elle était italienne : j’étais plutôt contente de la rencontrer puisque je parle un peu italien et que j’adooore l’Italie.

Elle arriva dans notre bureau, me dit “Bonjour” froidement, me jaugeant de la tête aux pieds. Je remarquais son regard hostile (mais je ne m’y arrêtais pas) et je me présentais, lui indiquant mon rôle dans l’équipe, et mon ancienneté. Mon collègue anglophone était près de nous.

À ma grande surprise, elle me dit : “Toi, tu fais ce métier et tu le fais en anglais ?”.

Un peu décontenancée par le ton froid de la nouvelle arrivante, je lui répondis : “Ben oui”. Elle continua, dédaigneusement : “Mais ce n’est pas possible, tu ne peux pas exercer ce métier”.

Si, répondis-je, assez refroidie. Je ne réagis pas plus que ça tant j’étais sidérée par son culot, à peine arrivée. J’étais dans cette entreprise depuis moins d’un an, et encore assez sonnée par un licenciement abusif.

C’est là que mon collègue anglophone intervint fermement : “Si si, elle fait ce métier, et en anglais, et elle est compétente pour le faire ; elle a des diplômes”. Il avait l’air aussi choqué que moi. J’ai beaucoup apprécié son intervention car les gens vous défendent rarement au travail quand quelqu’un.e se permet de vous agresser, gratuitement.

Elle a passé 4 mois dans notre bureau, draguant ouvertement mon collègue masculin, soufflant le chaud et le froid avec moi, et maintenant une distance glaciale avec notre autre collègue femme, qui était plus âgée. Son CDD ne fut pas renouvelé, car apparemment elle fut peu appréciée dans le service.

Haine entre femmes : cas N°2

Dans cette même entreprise, il y avait, en CDI, une seule et unique fille de mon âge. Au premier abord, elle se montra très gentille avec moi. On se croisait peu. Je me montrais prudente et discrète avec tout un chacun. De toute façon, j’allais maaaal.

Elle passait chaque midi dans notre bureau pour convier mon collègue anglophone à manger avec elle, et chaque midi quasiment, il refusait. Il préférait manger avec les autres. Sans raison, elle se mit régulièrement à me lancer des remarques :

“Oh, mais tu es à ton poste ? On ne t’y voit jamais ! Pfff…toujours par monts et par vaux, celle-là”.

Au bout de quelques temps, je fis mon possible pour l’éviter, ruminant tout de même BEAUCOUP sur ses remarques déplacées. C’est tellement rageant de se laisser agresser sans rien dire.

Je la vis également crier sur des collègues parce qu’ils ne l’avaient pas conviée à une sortie extra-professionnelle. Elle fit remarquer à une collègue de 40 qu’il serait peut-être temps de se dépêcher à faire un enfant, car l’horloge tournait. Je la vis faire des compliments très appuyés à nos managers. Ils étaient flattés. Je réalisais qu’elle était très appréciée par la hiérarchie et qu’il ne valait peut-être mieux pas la rembarrer. Je l’évitais autant que possible remerciais ma bonne étoile de ne pas avoir à travailler dans le même bureau qu’elle.

Des collègues plus âgés s’interrogèrent parfois devant moi sur le fait que moi et cette fille ne nous fréquentions pas plus. Je me demandais comment ils pouvaient être aussi aveugles.

I’ll be watching you, bitch

Un jour, je prenais un café avec des collègues, à la salle de pause. Elle arriva parmi nous, et je ne sais plus comment ni pourquoi me hurla (oui oui, me hurla) que je n’avais pas le droit de prendre autant de pauses café.

Comme avec le cas N°1, je restais sidérée, sans voix. Je ne réagis donc pas. Je ne prenais pas plus de pauses que les autres, sans compter que l’ambiance était plutôt ennuyeuse. Personne de mon âge (à part elle…) avec qui prendre une pause.

Mon plus grand regret, c’est d’avoir été trop mal en point à l’époque pour remettre ces filles à leur place, efficacement. Le girls on girls hate, ça me dépasse.

Les remettre à leur place, mais comment d’ailleurs ? Quand on vous fait une remarque désobligeante, sans raison, un simple “Je n’apprécie pas ton comportement, je te demande de t’excuser” ne suffit pas”. Moi j’ai juste envie de frapper, de hurler à mon tour. Évidemment, je ne le fais pas. Sinon, où irait-on ?

Mais ça fait un peu beaucoup de comportements outranciers au travail, femmes et hommes confondus. Comment ces gens osent-ils se comporter ainsi au travail, sans peur des représailles ? Pourquoi n’y-a-t-il pas de représailles d’ailleurs ? C’est quand même énorme d’oser agresser les autres de cette façon !

Cas N°3

Je travaille dans une nouvelle entreprise depuis moins d’un an. Collègues majoritairement masculins. J’avais aussi jusque-là une collègue femme très sympathique. Ambiance cool. On m’informe qu’une troisième collègue féminine va revenir de congé maternité et qu’elle parle beaucoup de ses hémorroïdes ou sujet de ce type. On me dit d’elle qu’elle est fun. Tout va donc plutôt bien.

Elle reprend donc le travail, au moment où ma collègue sympa part en vacances. Je me retrouve donc seule avec elle et les mecs. Et là…je découvre qu’elle est loin d’être fun. Elle ne s’adresse qu’à mes collègues masculins et me coupe la parole dès que je m’exprime.

Je me mets à parler plus fort quand elle me coupe la parole. Elle n’a pas l’air de comprendre.

Il s’avère qu’elle parle, elle parle, elle parle très fort toute la journée. Tout le temps. Pas de travail non. Elle parle de tout ce qui se passe sous sa ceinture, de ses rapports sexuels avec son mari, et de ses enfants. Elle répète de temps à autre qu’elle n’aime pas les autres femmes, ni les femmes sans enfants. J’ai affaire à une histrionique pur jus, une adepte particulièrement virulente du girls on girls hate.

Un jour, j’ose lui demander, gentiment, de parler moins fort. Elle me hurle dessus comme du poisson pourri, me disant qu’elle m’a vu aller sur Internet au travail, qu’elle a connu des projets bien plus durs que le mien, que je suis une gamine…que c’est à moi de m’adapter à l’équipe.

Je lui rétorque que je m’étais déjà adaptée à l’équipe avant qu’elle arrive, que je lui demandais juste de parler un peu moins fort…impossible de la calmer. Une vraie furie. Le pompon, c’est que je n’ai aucun doute sur le fait qu’elle ait le soutien plein et entier des hommes du bureau, qui sont toujours ravis de l’entendre parler de son cul.

Je vous laisse avec cette vidéo québécoise salvatrice, avec ce délicieux petit accent québécois qui gratte.


Gertrude Prout

Une trentenaire très contrariée qui n’aime pas le travail et surtout les tabous liés au monde du travail ! Pas fana non plus du libéralisme ni du conformisme, ! Pestouilleries et mauvaise humeur ! Toi aussi t’es contrarié.e ? On parle volontiers de la crise de la quarantaine ou du démon de midi, mais les trentenaires sans enfants, qui en parle ? Qui parle de ceux qui après avoir obtenu leur(s) diplôme(s) et leur job n'ont rien fait comme tout le monde ? Ils sont partis au bout du monde, ou ont continué à faire la fête, se sont donnés à fond pour leurs activités...mais femme/homme/enfants/vaches/veaux/cochons...que nenni. Pourquoi donc ? Et si ils avaient raison ?

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9 réponses

  1. Lala lalalala lalalala (chantez-le comme vous voulez) dit :

    “Quand on vous fait une remarque désobligeante, sans raison, un simple “Je n’apprécie pas ton comportement, je te demande de t’excuser” ne suffit pas”.”
    ça, ça va dépendre des gens à qui tu fais face. Pour ma part, il m’est arrivé de prendre sur moi et de dire calmement à un collègue qui m’avait fait une petite crise de mansplanning que je savais des choses (SCOOOOOP !!) et que si un jour j’avais envie d’avoir une information de sa part, je la lui demanderais. Je pense qu’il a compris parce qu’il ne m’a jaaamais refait le coup… donc il m’a écoutée. Encore aujourd’hui ça me soulage quand j’y pense.
    Évidemment avec des collègues comme celles que tu évoques et qui visiblement hurlent pour rien de base, c’est plus compliqué. Néanmoins, je pense que si quelqu’un réussit à rester calme face à ce genre de personnes et à leur dire “Mais enfin, pourquoi tu réagis comme ça ? Il ne faut pas s’énerver pour si peu :)” ça peut bien les casser ^^ parce qu’elles passeront pour des gens qui ne savent pas contrôler leurs nerfs, contrairement à toi. Encore faut-il réussir à prendre sur soi et à le faire. Et à ignorer leurs réactions excessives. C’est dur, je ne dis pas le contraire.

    En ce qui concerne le “girls on girls hate”, je me demande si à force de le craindre, on ne le voit pas partout. En effet, j’ai une amie qui, un jour, me dit que les filles se crêpent plus le chignon que les garçons. (NO WAY!!! Sérieusement, elle n’a jamais observé comment les mecs se traitent entre eux dans leurs bandes d’amis 100% masculines ??? Et que je te traite de “pédé”, et que je te dis que t’as pas de couilles, et que je me moque de ta sensibilité si tu oses l’afficher… BREF !) Je lui réponds donc que je n’y crois pas du tout. Elle me répond “Si ! La fille là-bas (nous étions dans un bar), si tu voyais comment elle regarde ma jupe depuis tout à l’heure…”
    Ok, cette fille regarde ta jupe. Peut-être qu’elle est en train de te traiter de p*** dans sa tête. Ou peut-être qu’elle trouve que tu es très mal habillée. Mais peut-être aussi qu’au contraire elle se dit que ta jupe est jolie et qu’elles vont bien avec tes chaussures. Who knows? On ne peut pas savoir ce que les gens ont dans la tête.
    Alors quand une fille s’imagine qu’une autre fille regarde mal sa jupe alors qu’elle n’en a pas vraiment de preuve… est-ce que ce n’est pas déjà du girls on girls hate ?

    • Sissi Piriou dit :

      Je te rejoins tout à fait Lala lalalala lalalala ! Peut-être que si je lui avais répondu calmement, devant tout le monde, ça lui aurait fait une douche froide. Mais à l’époque j’avais moi aussi un problème : j’allais très mal. J’aurais été incapable de lui répondre sereinement sans me mettre à pleurer. Or, je ne voulais pas me faire remarquer, de quelque façon que ce soit.
      Je pense aussi que le “Girls on girls hate” a son équivalent masculin, mais bien entendu, on diabolise et on expose toujours plus les femmes. De mon point de vue, de ce que j’ai vu, je dirais que la “haine entre femmes” au travail (qu’on ne voit pas partout, heureusement !) se distingue de celle des hommes. Une simple différence hommes-femmes dans la façon de se montrer con finalement 🙂
      Les coups de p**** des hommes, de part ma modeste expérience, sont plus insidieux, moins francs finalement.
      Quant aux impressions fugitives que l’on a suite à un regard etc., ouh la, oui, il faut faire attention ! On ne sait jamais ce que les autres pensent réellement.

  2. Lala lalalala lalalala (chantez-le comme vous voulez) dit :

    Mansplaining* pardon hihihi

  3. Lala lalalala lalalala (chantez-le comme vous voulez) dit :

    J’ai écrit “mansplanning” au lieu de “mansplaining” dans mon précédent message, ce qui pourrait signifier “le planning de l’homme”, ce qui ne veut pas dire grand chose haha

    • Sissi Piriou dit :

      Ah ah ah, j’adore Lala lalalala lalalala ! Un terme à utiliser lorsqu’on a un petit coup dans le nez :))))

  4. Lala lalalala lalalala (chantez-le comme vous voulez) dit :

    “Les coups de p**** des hommes, de part ma modeste expérience, sont plus insidieux, moins francs finalement.”
    Alors ça c’est drôle parce que j’ai généralement entendu l’inverse ! Comme quoi ça dépend des personnes et des situations…
    Je me souviens de mecs qui me disaient “vous les filles vous vous faites des coups de pute entre vous, vous êtes hypocrites les unes avec les autres, alors que nous les mecs, on est plus francs, si on a un problème on se le dit ou on se bastonne”… Et mon cul c’est du poulet !

    • Sissi Piriou dit :

      Comme quoi, on ne peut généraliser. J’ai en tête le coup de pute d’un mec au travail, c’était très très bas. Mail envoyé dans le dos de collaborateurs pour dénigrer le travail du premier et encenser le deuxième. Mais peut-être ce type était-il un cas extrême…il a séjourné à l’hôpital par la suite (psychiatrique, d’après certains).

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