Climat : repenser notre modernité sans culpabiliser (2/2)

Pour revenir à la partie 1, c’est ici

Sommaire de la partie 2 :

Solidarité face à l’effondrement

Les personnes se tournant vers les solutions coopératives seraient moins impactées par un effondrement brutal de notre monde tel qu’il est aujourd’hui. Et contrairement à ce que prétendent certains médias charognards, dans une telle situation, le chaos généralisé relève souvent du pur fantasme. La population cherche avant tout la sécurité et fait donc preuve d’altruisme, de coopération. Ce qui multiplie ses chances de survie, contrairement au mythe fondateur de la société libérale, qui consiste à croire que l’état de nature sauvage est celui de la loi du plus fort et de la guerre de tous contre tous*. De nombreuses études montrent qu’en cas d’effondrement, les individualistes seront les premiers à mourir.

* Source : Comment tout peut s'effondrer, Pablo Servigne, Raphaël Stevens

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Réduire nos déchets

Pourquoi réduire nos déchets si les voisins ne le font pas eux ? Parce que moins de déchets, c’est plus de temps pour soi, c’est moins de temps passé à déballer et à jeter. Moins de déchets, c’est faire sa part, comme le colibri. Moins de temps passé à vider la poubelle, un acte citoyen. Et ça coûte moins cher, dans une certaine mesure, que d’acheter des produits bruts, sans les étiquettes et emballages marketing.

modernité

Gally : http://gallybox.com/blog/ Merci pour ton autorisation !

L’autre souci est que le recyclage est li-mi-té. La qualité d’un plastique recyclable est dégradée après seulement 4 ou 5 recyclages. Par ailleurs, l’initiative viendra rarement des collectivités locales…qui ont, souvent, investis, se sont lourdement endettées dans l’achat de camions-poubelle et machines de tri très chères qu’il faut rentabiliser, rembourser ! Et oui, l’argent, toujours l’argent ! Les déchets coûtent très cher et ne rapportent RIEN !

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Le problème de l’énergie

Aucune énergie n’est propre à 100%. Nos centrales nucléaires déjà en mauvais état ont encore besoin d’à peu près 50 ans pour refroidir…d’après Philippe Bihouix. On est pas prêts de les démanteler.

On sous-estime souvent l’énergie consommée par Internet, bien que dans le futur, les calories d’énergie de nos ordis chaufferont les piscines collectives. Vite, vite !

En attendant, on peut réduire son impact en supprimant tous ses emails inutiles. Les youtubeurs eux-mêmes peuvent revoir leur façon de travailler et/ou compenser dans d’autres domaines. Là où auparavant, on postait une simple photo, on a à présent affaire à une armée de youtubeurs qui diffusent plein de vidéos sur Internet. Il est dur, qui plus est, de s’en défaire, puisqu‘”il semblerait que nous soyons passés d’une civilisation écrite à une civilisation…orale”. Philippe Bihouix dit : “Le numérique croit plus vite que le transport aérien, son impact est pire que le trafic aérien !”.

Cependant, toute chose ayant une fin, un jour Internet fondra, littéralement (multiplication des pannes de climatisation, dues à la canicule – c’est arrivé à Perth en Australie).

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Climat et économie

Repenser notre modernité, c’est aussi refuser, réduire les inégalités qui nous nuisent à tous. Ne pas écouter ces élites qui volent et culpabilisent les gens ordinaires pour enrichir les ultra-riches.

Il faut lutter contre le découragement, disait Stéphane Hessel, jusqu’à la veille de sa mort, à 91 ans. Le changement ne peut venir que des citoyens pour obliger les politiciens à se bouger, car ces derniers, dans leur grande majorité (Macron et sa clique en tête, ceux-là même qui ont interdit, par exemple à Rennes, des rassemblements citoyens pour le climat le 08/09/18) veulent perpétuer l’ancien monde.

Pourquoi ? Parce que l’ancien monde c’est de l’argent, pour les ultra-riches. Ces personnes qui rêvent d’un suffrage censitaire. Un suffrage où seuls les ultra-riches votent.

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Laurent Eloi

Retranscription des propos de Laurent Eloi sur Travail et Tabou : Pourquoi la bourse et la santé du marché sont-ils systématiquement commentés à la fin des flashs info ? Pourquoi ne pas conclure, plutôt avec le niveau de CO2 dans l’air ? Et pourquoi autant d’anthropomorphisme concernant les marchés, leur déprime, leur santé. On fait de la psychanalyse de marchés financiers…comme si c’était des gens. Quid de la dépression, la santé des français ?

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Pierre Larrouturou

Les scientifiques qui ne trouvent plus le sommeil, le peu d’insectes morts sur votre plaque d’immatriculation, au retour des vacances… Pierre Larrouturou (ancien de Nouvelle Donne) dresse un constat alarmant.

“des gens dépressifs après un tremblement de terre, c’est bon pour la croissance. En revanche, votre bonheur fait du mal à la croissance. Donc le PIB ne veut rien dire. Il y a des mesures d’urgences à prendre : isoler les bâtiments français, manger moins de viande, consommer moins d’énergies fossiles.”

Le climat, l’affaire de chacun.e

Pierre Larrouturou cite le MIT (Massachussets Institute of Technology) :

“Le corps ne sait pas faire du froid. On évacue la chaleur en transpirant, sauf lorsque l’air est à la fois trop chaud et trop humide. Si cette situation dure trop longtemps, on pète un plomb. Il y aura beaucoup de souffrance humaine, de morts et de déplacement de population. Certaines parties de la Chine seront inhabitables.”

 

“Le GIEC nous dit que c’est presque trop tard, car des rétroactions se mettent en place. Avec la fonte du permafrost 2 ou 3 fois par an, libération monstrueuse du méthane, des hydrates de méthane. Le méthane dure moins longtemps que le CO2 dans l’atmosphère mais il a un effet réchauffant beaucoup plus dramatique, effet de serre 14 fois plus important. Or, les pays augmentent chaque année leurs émissions de gaz à effet de serre”.

 

“Homo debilus regarde le camion qui va l’écraser dans les yeux sans réagir. On peut tous avec nos copains ou famille parler du climat et agir plutôt que de regarder le foot, etc.“.

À propos de l’utilisation de l’argent européen

En 2008, pour sauver les banques, on a créé 100 milliards. Pour sauver le climat, il faudrait aussi 100 milliards. La BCE (Banque Centrale Européenne) peut créer de la monnaie à partir de rien (Quantitative easing).

En 2008, elle a crée 1000 milliards pour les banques européennes. Aux USA, l’équivalent local de la BCE a créé 2 fois 1000 milliards. L’instance américaine a en réalité délivré plus d’argent que les milliards annoncés. On a utilisé 3800 milliards pour sauver les banques !

11% de cet argent seulement est allé dans l’économie réelle ; 89% est parti à la spéculation. Depuis, le FMI a signalé chaque année, puis chaque mois, que le risque de crise financière est présent et pourrait être 10 fois pire que la crise de 2008 (source : les échos). D’où des conséquences dramatiques (chômage massif et morts à cause du chômage).”

Sans doute que comme leurs ancêtres, beaucoup de gens préfèrent rester sur le choix d’un monde non durable, qu’ils subiront un peu ou beaucoup. Regretteront-ils, quand même, d’avoir égoïstement donné naissance à des enfants qui subiront de plein fouet les bouleversements liés à nos choix/acceptations débiles ? D’être restés silencieux lorsqu’on leur proposait de se mobiliser massivement contre nos élites ?

Quand les bouleversements climatiques ne sont plus rentables…

Dépenser 300 000 milliards pour remettre un état sur pieds après le passage d’un ouragan n’est plus rentable. Ça coûte désormais trop cher tant les catastrophes se multiplient.

Pierre Larrouturou et Jean Jouzel proposent de créer un traité européen stipulant que la création monétaire, au lieu d’aller à la spéculation, doit servir à créer des emplois, pour combattre les effets et conséquences du changement climatique. On ne touche pas à la BCE mais on utilise la Banque Européenne d’Investissement (BEI) pour qu’elle devienne une banque du développement durable pour financer la transition en Europe.

Les politiciens cyniques face aux enjeux de demain

Angela Merkel et Macron font semblant de prendre conscience du problème maintenant, certes, mais il y a des chances qu’ils se bougent le fion. Pourquoi ? Si on remonte en arrière, Thatcher et Reagan ont été obligés d’accepter la création du GIEC en raison des travaux de Jean Jouzel et Claude Lorius. Ils étaient contre (cyniques et froids libéraux insupportables qu’ils étaient) et pourtant, 6 mois plus tard, ils ont accepté qu’il soit créé.

Quand le mur de Berlin est tombé, Helmut Kohl et Mitterrand ont dû faire face. Une banque pour financer la transition des ex-pays soviétiques est née en l’espace de seulement 6 mois.

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Conclusion

Quand nos (psychopathes de) politiciens ont la trouille, ils peuvent en vitesse prendre des mesures intelligentes. Mais comment mettre la pression sur nos politiciens ? Par exemple en participant à la consultation sur l’avenir de l’Europe, jusqu’au 30 octobre 2018 et en se rendant aux manifestations, consultations, évènements publics citoyens pour le climat. En se tournant vers le zéro déchet, le locavorisme, la réutilisation, récupération, etc.

On peut tous en faire un peu, dans des domaines différents. Make our planet great again XD


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7 réflexions sur “Climat : repenser notre modernité sans culpabiliser (2/2)”

  1. Pingback : Climat : repenser notre modernité sans culpabiliser (1/2) - Dubblesix

  2. Est-ce que le fait qu’on multiplie les gestes écolo met vraiment la pression aux politiciens ? Je pense que ce n’est pas ça qui leur fait peur. Si on se mettait à bloquer des centrales EDF et à piller des supermarchés peut être aha 😉 Les consultations aussi sont souvent faites pour détourner le regard des citoyens (j’avais des profs qui bossaient dessus je crois, il faudrait que je retrouve… en gros en proposant des consultations ou des concertations, on donne l’impression aux gens d’agir même si derrière ça ne se traduit pas par des mesures concrètes). Je n’ai pas regardé le documentaire sur le plastique sorti récemment, mais une amie me racontait que justement, dedans ils soulignaient que les entreprises comptent aussi sur le fait que les consommateurs pensent qu’ils sont responsables, plutot que de blamer les entreprises qui font les choix en amont (la loi de l’offre et la demande n’est pas si mécanique qu’on nous le dit !). Après sur le constat général je suis d’accord avec toi : oui il faut mettre la pression, et refuser ce système dans son ensemble, tu as très bien expliqué pourquoi ! Mais de mon point de vue il faut être plus ambitieux, essayer de développer des grilles de lecture politiques, se renseigner beaucoup… et militer ne serait-ce qu’un peu

    • Hey la Nébuleuse, ça fait plaisir de te revoir par ici 🙂
      Oui, en effet, les gestes écolos tout seuls ne sont pas un moyen de pression sur les politiciens. Par extension, en revanche, le zéro déchet (qui pousse à consommer de façon différente) peut peut-être leur faire peur. Et c’est marrant, le Cash Investigation sur le plastique, j’ai commencé à le regarder hier soir. Pinaise…je ne pensais pas que les entreprises avaient carrément, entre autres objectifs, de pousser les consommateurs à prendre l’entière responsabilité des déchets. Je trouve aussi que le manque d’information de certain.e.s fait peur souvent, en effet, ou regarder les écolos de loin, comme des bobos excentriques qui font des choses inutiles. Du militantisme et du boycott 🙂 !

      • Héhé oui j’étais un peu moins dans les parages mais je vais essayer de faire vivre un peu le blog et de venir lire les blogs que je suis quand-même, même si j’aurai moins de temps cette année (début de thèse…). Je pense que les initiatives “zéro déchet” sont susceptibles d’avoir un impact si elles impliquent une réduction de la consommation et surtout le fait de s’investir dans des structures différentes. Et de gueuler quand on nous prend pour des poires 😀 ! Je reste très déçue et dubitative quand je vois le programme des festivals Alternatiba en général par exemple : c’est bien comme première approche, mais le public est en général déjà sensibilisé, qu’apprend-il de plus sur la façon de mener la lutte, et sur les éléments du système à attaquer en priorité, sur la façon de faire tenir des luttes collectives ? En général on fait venir des noms un peu connus qui vont juste répéter que l’heure est grave, que l’homme détruit plein de choses mais qu’on peut encore agir…

        • Gueuler quand on nous prend pour des poires, oh oui, ça, ça manque ! Toujours très admirative des islandais qui ont gueulé comme des putois, fait pression pour démission de leur gouvernement et sauvetage des banques, en 2011. C’est vrai que quand on entre dans la sphère “alternative (Alternatiba, mouvement zéro déchet, etc.), on se retrouve beaucoup entre convaincu.e.s et donc…impact minime puisqu’on ne fait qu’améliorer nos propres changements. Ce qui est rageant c’est le manque de mesures courageuses et simples, partout (gouvernement : dés-inciter à l’achat de voitures polluantes, faire replanter massivement des arbres, mettre l’urgence écolo au premier plan), entreprises et autres lieux publics (supprimer emploi gobelets plastiques, sacs soi-disant bio-dégradables pour les fruits-légumes dans les commerces)…etc. etc.
          En revanche, pour la consultation citoyenne, si elle était massivement remplie, je pense que ça aurait un impact, mais hélas, on est pas assez nombreux à croire en notre propre pouvoir. Je lisais hier que pour répandre une idée, il faut 25% de convaincus dans un groupe pour que ça fasse boule de neige.

          • Oui c’est exactement ça, pas assez nombreux à croire en notre pouvoir ! Pourtant on en a des exemples historiques d’avancées majeures dues à des mobilisations collectives, mais tout est fait pour nous envoyer le message inverse… Je crois que l’essentiel est là oui, recréer cette confiance en la force collective, en ce qu’on peut accomplir, sans avoir besoin de leaders super autoritaires

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