Économie : Flexi-chômage et banquiers dirigeants

Retranscription partielle d’un entretien toujours d’actualité, entendu sur France Inter, sur le thème de l’économie :

l’économie s’est présentée comme la meilleure des sciences sociales, qui avait raison sur toutes les autres sciences sociales.

On est allé chercher en économie des espèces de vérité qui n’en sont pas, qui ne sont pas assises sur des vérités scientifiques et qui deviennent des moyens de formuler un projet car on ne plus l’imposer par la force ou par la persuasion en démocratie.

Les mythologies économiques sont des idées économiques que l’on fait passer pour des vérités scientifiques mais qui n’en sont pas. Elles reposent sur des croyances ou des préjugés.

La mythologie économique qu’on ressasse en France actuellement, c’est « le modèle social plombe la compétitivité qui empêche la croissance ». Chaque terme de cette mythologie est contestable. Il n’y a aucune étude, sur le long terme, qui prouve que le modèle social français a empêché le dynamisme économique.

La compétitivité ne se réduit pas au coût du travail. On est au 21ième siècle, la compétitivité, c’est aussi le bien-être des salariés, la santé, etc.

La croissance n’est pas la finalité économique, au 21ième siècle, la finalité, c’est le bien-être humain et le fait de respecter la contrainte écologique.

Il en va de la responsabilité des économistes qui s’organisent de plus en plus en syndicats et essayent de produire un consensus. Leur complexe de supériorité vient de leur complexe d’infériorité. Leur complexe de supériorité dans les sciences sociales vient de leur complexe d’infériorité dans la physique. Ils pensent qu’ils maîtrisent la physique du monde social. Ils s’organisent en syndicat, cherchent à produire un consensus scientifique qu’ils vendent ensuite aux responsables politiques. Ce qui pollue le débat public, avec des idées totalement fausses, qui nous gouvernent… La loi Travail est l’exemple d’une mythologie économique.

Un marché très flexible

Le marché du travail français est déjà très flexible, avec 3 millions de chômeurs…et la crise financière et l’effet désastreux des politiques d’austérité…

Le taux de chômage était inférieur à 7% en 2008 malgré notre pesant droit du travail, notre insupportable modèle social et les rigidités qui nous empêcheraient d’être compétitif. On avait un taux de chômage tombé à son plus bas niveau depuis 1983, avant la crise financière. Le chômage, depuis 2008, augmenté de …50% : 2 points de chômage supplémentaire après la crise financière, 1 point en plus suite aux politiques d’austérité.

Comparaison avec l’Espagne, l’Italie ? Les modèles changent sans arrêt, l’Allemagne, maintenant les pays du sud de l’Europe…on ne peut pas comparer des systèmes différents !

Le chômage a baissé durant 3 périodes :
– Fin 80
– Fin 90
– Milieu des années 2000

À aucun moment, cette baisse du chômage n’a été corrélée à la flexibilisation du marché du travail. Les entreprises, à 45 %, ne parlent pas d’un problème d’embauche lié au code du travail mais…au carnet de commandes. 15% parlent d’un problème d’offres.

Le frein à l’embauche est lié à la déprime de la zone Euro. Même avec 1,2% de croissance en 2015, en France, on arrive pas à créer de l’emploi… Le problème réside dans le fait qu’on a une croissance économique pas assez intensive en emploi. La finalité de la politique économique devrait être l’emploi et non la croissance. Arrêter de parler d’augmenter la croissance pour augmenter l’emploi. Si on raisonnait en terme d’emplois, on pourrait mettre en place des politiques de sortie de crise, intensives en emplois. Comme la transition énergétique, qui est très intensive en emploi.

L’économie et l’exemple du Canada

Budget de relance, de conversion massive vers la transition énergétique. Redistribution aux classes moyennes, relance par l’investissement, accueil des migrants…l’inverse de ce qu’on fait en Europe. Pour autant, il ne faut pas le prendre comme un modèle. On peut s’inspirer de son exemple. Car chaque pays est un ensemble d’institutions complexes.

En France, on ferait mieux de se concentrer sur les forces et faiblesses de notre pays, sa stratégie de développement, se consacrer au marché intérieur, marché domestique du pays.

Problème : la classe politique continue à faire campagne contre le modèle social français…dépenses publiques en France plus élevées qu’ailleurs parce que sur les 55% de dérive de dépenses publiques, il y a 30 points de pourcentage qui sont de la dépense sociale mutualisée qui est très efficace, la richesse sociale des français (santé, éducation, …). En réduisant cela, on récolte injustice et inefficacité 🙂

Eloi Laurent sur France-Inter, au sujet de son ouvrage « Nos mythologies économiques »

Bruno Gaccio

Il y a une autre politique possible, différente de celle que l’on mène actuellement en France ou en Europe. Mais c’est une politique dont les « gentils organisateurs » de l’Union européenne ne veulent pas entendre parler.

Si Alexis Tsipras a finalement accepté le pan de rigueur, c’est qu’on lui a tordu le bras avec une puissance telle qu’il s’est vu dans l’incapacité de résister. Aujourd’hui, ce n’est plus le gouvernement grec qui décide de la politique à mener en Grèce, mais la troïka.

Il n’y a pas un économiste sensé qui pense sérieusement que les Grecs pourront un jour rembourser leur dette, mais les «gentils organisateurs » de l’Europe s’en fichent. Ils s’obstinent à perpétuer un système dans lequel la finance a tous les droits. Ce sont les banquiers et les instituts de crédit qui dirigent le monde. Pour résumer, je dirais que ce qui existe actuellement ne fonctionne plus mais que ce qui pourrait marcher n’est pas encore là. Nous vivons dans un entre-deux, période extrêmement inconfortable parce que c’est là que le pire s’exprime. Les peurs guident les gens, les fausses idées font leur chemin… et les complicités avec le système se créent. Certains font allégeance aux « gentils organisateurs ».

Emmanuel Macron, pour moi, est un travesti. Il a mis un costume de gauche pour mener une politique de droite. Le système économique est brutal. Les « gentils organisateurs » évaluent toute politique en terme d’« efficacité », appliquons ce critère pour juger du libéralisme.


Gertrude Prout

Une trentenaire très contrariée qui n’aime pas le travail et surtout les tabous liés au monde du travail ! Pas fana non plus du libéralisme ni du conformisme, ! Pestouilleries et mauvaise humeur ! Toi aussi t’es contrarié.e ? On parle volontiers de la crise de la quarantaine ou du démon de midi, mais les trentenaires sans enfants, qui en parle ? Qui parle de ceux qui après avoir obtenu leur(s) diplôme(s) et leur job n'ont rien fait comme tout le monde ? Ils sont partis au bout du monde, ou ont continué à faire la fête, se sont donnés à fond pour leurs activités...mais femme/homme/enfants/vaches/veaux/cochons...que nenni. Pourquoi donc ? Et si ils avaient raison ?

Vous aimerez aussi...

1 réponse

  1. Doublesix dit :

    A reblogué ceci sur Dubblesixet a ajouté:
    Saines paroles contre le catéchisme néolibéral 🙂

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :