Climat : repenser notre modernité sans culpabiliser (1/2)

Climat : Parce qu’il y a plein de choses intéressantes et utiles à faire, à lire, et à écouter sur le sujet du changement climatique ! Sans culpabiliser, car cela ne sert à rien. À partir du moment où on essaie de changer ses habitudes, pour soi ou sa famille, pourquoi culpabiliser ou se laisser culpabiliser ? Les je-m’en-foutistes en revanche…

Sommaire :

Climat : qui doit repenser notre modernité ?

Nous occidentaux, nous qui avons fait doubler, tripler la population de la planète. 2 milliards en 1930, 4 en 1970, 7 milliards aujourd’hui. Notamment à cause de l’agriculture industrielle. Sans cette dernière, 2 personnes sur 5 n’existeraient pas sur notre planète. Nous payons le choix d’un monde NON DURABLE, voulu par nos élites dans les années 1970, quand il était encore temps d’inverser la vapeur.* À cause de quoi ? À cause de leur obsession malsaine de la croissance, obsession patriarcale de savoir qui pissera le plus loin, au détriment de la réalité et de l’état de la planète et du climat.

* Source : Comment tout peut s'effondrer, Pablo Servigne, Raphaël Stevens

Ce choix d’un monde fini est aussi une volonté des plus riches, des lobbyistes et des cyniques de la planète : piller la belle bleue jusqu’à son dernier souffle. Ils partent du principe que leur argent les sauvera. Ils prendront des mesures en temps et en heure pour éradiquer ceux qui paniqueront dans les rues lorsque le chaos causé par le changement climatique battra son plein. Ils ordonneront aux types comme Benalla de tirer sur la foule. Bien entendu.

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Entendu à la radio et très juste, je trouve : “Quand on voit que le gouvernement Macron, fan de start-ups et d’innovation, envoie 1500 gendarmes/militaires pour chasser 200 zadistes, à Notre-Dame-des-Landes, qui en soi, est une forme de start-up, une innovation sociale” (retour à l’agriculture raisonnée ou bio, vie en collectivité, préservation et entretien des zones humides), on se dit qu’on est vraiment mal barré.e.s. L’exemple se vérifie ici et là… (Bure, Strasbourg, etc). L’ancien monde, et ses grands projets inutiles, qui refuse de faire de la place au nouveau monde.

Et quand on sait que la transition écologie va être inévitable, des gouvernants brutasses,  comme celui de Monarc, font vraiment pleurer.

errare humanum est perseverare diabolicum

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Nos élites ne changeront pas

Il suffit de regarder récemment leur recul HONTEUX sur l’interdiction des poules en cage, l’interdiction progressive du glyphosate ou la mesure peu courageuse sur la fin des néonicotinoïdes.

Il n’y a que nous, les citoyen.ne.s, qui nous soucions du climat et de notre planète, qui pouvons faire bouger les lignes. Les changements sont toujours venus de la société civile. Avortement, droit de vote des femmes, pilule, c’est toujours le ras-le-bol citoyen qui a bougé le politique, pas l’inverse.

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“De toute façon, tout est foutu ..on n’y peut rien !”

FAUX

Bien sûr que c’est faux. Nous sommes également les seul.e.s à pouvoir changer nos représentations, impressions. Ce n’est pas parce qu’on a l’impression que les choses semblent désespérées, sans espoir qu’elles le sont réellement. Si chacun se mobilisait un peu au lieu de faire son maudit français râleur, on aurait un sacré poids. N’oublions jamais que les choses peuvent changer très rapidement. La bascule de l’histoire peut parfois être surprenante…

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François Ruffin

En 1936, quelques mois avant le Front Populaire, les gens sont d’un niveau de découragement d’un niveau de désespérance qui semble atteindre des sommets. Simone Veil décrit à l’époque le niveau de découragement d’apathie politique, d’indifférence des salariés. Et en quelques semaines, mois ça se transforme. Le début de 1936, c’est 1934. Les fascistes sont devant l’Assemblée et manquent de faire tomber la 3ième république. On se mobilise alors contre les fascistes pour une république pourrie, vérolée. Deux ans après, les français avaient les congés payés, les 40h, le Front Populaire.

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Dilution de la responsabilité individuelle et croyances limitantes

On est tous tentés d’attendre qu’un assez grand nombre d’individus agissent pour s’y mettre à notre tour. Parce qu’on se représente le monde “d’après ce que l’on croit que les autres pensent du monde et de nous-mêmes (spécularité)“*. Mais la carte n’est pas le territoire.

* Source : Comment tout peut s'effondrer, Pablo Servigne, Raphaël Stevens

Nos représentations du monde ne sont pas la réalité du monde. Beaucoup de personnes, de groupes, d’organisations à travers la planète ont déjà commencé à modifier leurs habitudes de vie, progressivement, à cultiver l’envie de faire bouger les lignes.

 

Ce qui est bon, c’est quand des personnalités, les je-m’en-foutistes ou autres autruches béates (“moi si ce n’est pas gai, positif ou optimiste, je ne regarde même pas”) avouent avoir repensé leurs positions.

Léa Salamé avait dit, après avoir vu le film Demain :

Je n’ai qu’une seule envie : prendre l’avion, me faire couler un bain moussant, et bouffer une bonne côte de bœuf.

Face à Cyril Dion, lors du Grand Entretien, un matin, sur France Inter (vidéo ci-dessus), elle précise y avoir beaucoup repensé et a regretté ce moment :

J’ai usé d’un cynisme un peu facile car ce film est plein de bons sentiments. Vous avez réussi à me faire opérer ma mue et à me faire réaliser le ridicule de mes propos.

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Et pourquoi changerait-on nos habitudes de vie, d’abord ?

Parce plus nous persévérons dans notre mode de vie actuel, dans nos habitudes luxueuses, plus dure sera la chute.

Certains prévoient un bouleversement conséquent et brutal de nos vies d’ici 10 ans, d’autres disent qu’on a 20 ans pour changer le monde. Mais le climat n’attend pas. Le changement climatique est déjà installé (on l’a bien senti) et va s’amplifier. Canicules et inondations, effondrement des colonies d’abeilles et libération du méthane sous le permafrost…

Pierre Larrouturou cite le MIT (Massachussets Institute of Technology) :

“Le corps ne sait pas faire du froid. On évacue la chaleur en transpirant, sauf lorsque l’air est à la fois trop chaud et trop humide. Si cette situation dure trop longtemps, on pète un plomb. Beaucoup de souffrance humaine, de morts et de déplacement de population. Certaines parties de la Chine seront inhabitables.”

Nos élites cyniques, elles, prétendent que ça commencera à craindre vers 2040. Hum. Nous vivons dans un monde artificiel, hors-sol. Nous dépendons des supermarchés, de nos cartes de crédit et de nos stations essence, d’un système fragile qui, au moment de l’effondrement ne pourra tout au plus perdurer que quelques jours ou semaines*. Autant essayer de s’autonomiser, progressivement.

* Source : Comment tout peut s'effondrer, Pablo Servigne, Raphaël Stevens

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La culpabilisation n’a aucun intérêt, l’action oui

Il ne s’agit pas de retourner au temps de la bougie et de se refuser l’achat d’un ananas ou de chocolat de temps à autre. La culpabilité n’a aucun intérêt. Comparer ses actes vertueux à ceux des autres, ou se moquer de l’écolo du coin qui achète toujours des bananes ou du chocolat non plus. Nous vivons dans un monde tellement moderne que l’on se fait toujours rattraper par quelque chose. Jérémie Pichon de la Famille Zéro Déchet commence souvent ses conférences par “on a un gros problème, c’est la voiture”.

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Ce n’est pas très constructif que de pointer du doigt ce que les autres font mal alors qu’ils ont déjà changé tellement de choses (ou commencent) dans leurs habitudes. Même les plus fervents zéro-déchettistes se sont déjà retrouvés contraints, au moins une fois, de racheter une bouteille d’eau en plastique ou du dentifrice en tube.

Le cas Hulot

Hulot possède plus de 6 véhicules. Ça fait rire jaune. Pour un écolo, franchement…

Quand on arrête de rire, on se dit que…peut-être qu’au fond, ce n’est pas surprenant. C’est un ultra-riche. Il vit comme le millionnaire qu’il est. On oublie souvent de dire qu’il ne se sert pas des 6 véhicules (deux sont utilisés par sa femme et sa fille). On omet aussi de dire qu’il roule électrique à 95% (même si les batteries électriques desdits véhicules, un jour usagées, poseront problème au final). Peut-on réellement lui tenir rigueur de se servir d’un 4×4 quelques semaines par an, lorsqu’il occupe sa propriété corse ? En revanche, quelqu’un avait pointé du doigt, sans doute à raison, la composition chimique peu vertueuse des gels douches Ushuaïa. Sans parler des déchets générés par les contenants.

Bref, le débat n’est pas de savoir qui pissera le plus loin, niveau écologie. Ce qui compte, ce sont des actes concrets. Hulot l’écolo agit-il concrètement dans sa vie de tous les jours, quand il n’est pas sur le devant de la scène ? Personnellement, je le pensais démago et macroniste, avant d’apprendre qu’il avait soutenu Benoît Hamon et Mélenchon bien avant de rejoindre le gouvernement Macron, en espérant faire bouger les lignes. Voilà qui semble plus honnête.

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Comment se changer soi alors ?

En devenant un.e activiste et en empoisonnant les lobbyistes avec leurs produits ! Comme dans le film The East 😀 !

Non, ne partez pas, je rigole…

Plus sérieusement, quand on voit que même des écolos qui ne sont pas des activistes sont fichés comme “terroristes”…non, évitons les risques inutiles. Bien que ça aurait été bon de voir le patron de Monsanto empoisonné au glyphosate ou Dassault mourir écrasé par un avion de chasse…Enfer à son âme.

En plus facile et réalisable, nous avons le locavorisme (AMAP, producteurs locaux, boucher, marchés), les solutions collectives et solidaires (colibris, ressourceries, friperies, Emmaüs, fermes d’avenir, I-Boycott, le mouvement zéro déchet, etc.

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Pourquoi le locavorisme absolument ?

Parce que le bio lui-même est devenu un business. Très cher bio, pas toujours très propre. On peut acheter du bio…industriel, du faux bio…ou qui vient de très loin. Et oui, on a que 3% de cultures bio en France actuellement, grâce aux industriels qui ont mené la guerre contre les paysans et la nature il y a 60 ans. Quand il n’y a pas de business à se faire sur quelque chose, on l’invente !

L’agriculture est devenue une industrie, on a fait la guerre à la microbiologie des sols (Claude et Lydia Bourguignon). Des criminels ont dépensé des sommes folles pour transformer les paysans en apprentis-sorciers. Adieu aux petites bêtes qui transforment et aèrent la Terre pour notre bien à tous et pour notre nourriture.

 

Brad, Angelina et le bio, so glam’

À quel point peut-on se fier aux labels ? Le label AB est censé être une garantie. Or, il ne se base visiblement que sur les déclarations émises par les producteurs. On ne peut pas tout contrôler. Brad Pitt et Angelina Jolie avaient lancé leur propre production de rosé, depuis leur château situé dans le Var. Ils vendaient un rosé dit biologique, ce que Ecocert aurait confirmé (j’attends de trouver une source fiable), alors même que le raisin récolté dans leur domaine n’était pas biologique. Des raisins achetés autour de la propriété étaient mélangés avec ceux de la propriété. Et on ne sait pas en quelles quantités.

Le label Cohérence est réputé plus exigeant, dans son cahier des charges, mais autant privilégier ce qu’on vérifier par nous-mêmes…

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Le zéro déchet

Prendre le chemin du zéro déchet, c’est entrer sur l’autoroute des économies. Que cette phrase est moche et polluante. J’essaie autrement : zéro déchet, zéro dèche … ! Oh yeah ! On remplace peu à peu tout le jetable par le réutilisable et on voit les dépenses fondre (même si oui, c’est vrai, au début, c’est un investissement). Le calcul est rapide. Un petit tableau ici pour donner des idées :

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Zéro déchet zéro dèche…

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Comment changer les autres ?

Comment faire bouger les indécis autour de soi ? Ceux-qui-pensent-sincèrement-qu-on-y-peut-rien ? Les fainéants, les inconscients ? Faut-il les incendier quand la pédagogie ne sert à rien ?

Au bout de combien de temps la pédagogie ou la technique du disque rayé ne servent-elles plus à rien ? Quand on voit le peu de temps que les ministres de l’écologie tiennent en poste, en France (mis à part des fauves comme Voynet ou Royal), moi je me dis qu’il serait peut-être temps de se montrer plus agressif/ve !

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La pédagogie c’est bien, mais quand on voit l’indifférence de certain.e.s, alors qu’on se rapproche dangereusement du mur. Alors à quel moment faut-il se mettre à hurler sur les autres ? Insulter les conducteurs de SUV tout en lançant des clous sur leur passage ? Quand faut-il crier sur les commerçants qui vous tendent un sac plastique quand vous faites des courses ?

L’exemple d’une pharmacienne

À quel point faut-il être désagréable avec la pharmacienne qui lisse pendant 40 secondes, en soupirant, le sac plastique que vous refusez, parce que vous avez votre propre sac réutilisable ? Pourquoi faut-il rester poli.e avec ce genre de commerçant.e ?

Cependant, qu’est-ce qu’on en sait, au fond ? Le mari ou la femme de la commerçante qui lisse le sac plastique, est peut-être un zéro-déchettiste. Et elle, elle ne comprend pas le zéro déchet, ça la soûle. Mais c’est lui qui gère le foyer. Donc elle distribue machinalement des sacs plastiques dans sa pharmacie mais sa maison ne rejette qu’une quantité infime de déchets. Ne jugeons pas trop vite bien QUE CE SOIT TENTANT !!!

Que faut-il faire pour que certain.e.s assimilent le fait que des gestes qui semblent anodins ne doivent plus être acceptables ? Acheter des bouteilles d’eau tous les jours, utiliser quotidiennement des gobelets jetables alors que la machine à café vous propose de verser votre café dans votre tasse. Pourquoi ne pas user de la stratégie du choc entre citoyen.ne.s, en attendant que l’État, les collectivités, entreprises prennent leurs responsabilités et condamnent le plastique, le jetable ?

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2 réflexions sur “Climat : repenser notre modernité sans culpabiliser (1/2)”

  1. Merci pour cette belle sélection 😉 Je crois en effet, comme toi, que la culpabilisation ne sert à rien et qu’il va falloir présenter les choses autrement pour que les gens se décident à changer (ce qui ne se fait pas en un coup de baguette de magique), comme l’a dit Jérémie Pichon à une connaissance, “Gare au burnout écolo”. Il faut que chacun.e fasse selon ses moyens, et à son rythme (même si l’on est pas sûr.e.s que ça suffise). L’écologie étant avant tout politique, il faudrait qu’un gouvernement s’en empare sérieusement, mais je ne crois définitivement pas en ce gouvernement ci pour faire pencher la balance ! En attendant, il n’y a que nous, consommatrices et consommateurs qui peuvent faire une vraie différence. Parce qu’on a tendance à l’oublier, mais un achat = un vote. Belle semaine à toi 🙂

    • Ah que merci. Cet article m’a donné quelques prises de tête tant je voulais y caser de nombreuses références. Il est pas trop mal dégrossi même si je continue à corriger des passages mal développés. Mais il a fini par naître.
      Sage Mister Pichon ! C’est vrai que si on commence à en faire une obsession…on ne fait plus rien. Concilier sa vie et l’écologie, pas tooujours facile.
      Oui on a sérieusement besoin d’un gouvernement courageux sur le sujet, pragmatique, car hélas, sans contrainte financière ou légale, beaucoup passent leur chemin et font des amalgames chiants (“tu fais ceci, mais pas cela…tu n’es pas un.e vrai.e écolo…”) ou des simplifications un peu faciles (“un sac plastique ou une bouteille de coca de plus ou de moins, qu’est-ce que ça peut faire – ne le ramasse pas ! – Ben si, je le ramasse, ça ne mange pas de pain ?!?).

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